La Légende

La légende de Gerlach et Irmengarde de Volkrange

Au début du XIIIᵉ siècle, le château de Volkrange était le domaine d’Arnoux II, un chevalier respecté pour sa bravoure et sa loyauté envers la comtesse Ermesinde de Luxembourg. Sous son autorité, Volkrange devint une véritable résidence seigneuriale, dotée d’un puissant donjon et animée par une jeune milice formée aux valeurs de loyauté, de courage et de justice.

Parmi les chevaliers qui fréquentaient alors la cour de Volkrange se trouvait Gerlach de Neuersbourg, réputé pour son adresse lors des tournois. À chaque joute, un vieux ménestrel annonçait sa présence par un chant qui signalait discrètement qu’Irmengarde, la fille d’Arnoux, assisterait aux jeux. Gerlach redoublait alors d’ardeur, espérant gagner l’estime de la jeune femme.

Lorsque la chrétienté appela une nouvelle fois ses chevaliers à partir en croisade, Gerlach brûlait de s’y rendre. Sous les murs de Damiette, Gerlach se distingua par son courage : il sauva la vie d’Arnoux. Récompensé par le roi de Jérusalem, il fut fait chevalier et reçut, à son retour, la main d’Irmengarde. Leur bonheur semblait scellé.

Mais à peine revenu en France, Gerlach fut frappé par une maladie terrible : la lèpre. Avant d’être officiellement déclaré « mort au monde », selon le rituel de l’époque, il eut un dernier entretien avec Arnoux à travers une verrière. Profondément marqué, le seigneur de Volkrange lui fit bâtir sur la colline voisine une chapelle dédiée à Saint-Michel.

Une nuit d’automne, un homme monta lentement vers l’ermitage : c’était Gerlach. Il y vécut dix années, isolé, visité seulement par un prêtre et un frère servant. Pourtant, lorsque la lune éclairait le paysage, il tournait toujours son regard vers les tours de Volkrange. On raconte qu’Irmengarde apparaissait parfois sur l’une des plateformes du château, et que le chevalier, devenu reclus, la contemplait en silence. On raconte même que parfois, les deux amants allumaient respectivement une bougie illustrant la flamme de leur amour. Mais un jour, la lumière de Guerlach ne parru plus.

À la mort de Gerlach, Irmengarde dota la chapelle, y fonda des messes annuelles, puis se retira au monastère des dames de Sainte-Glossinde à Metz, où elle termina sa vie dans la prière. Leur histoire, empreinte de fidélité, de courage et de renoncement, traversa les siècles comme l’un des récits les plus émouvants liés au château de Volkrange.

Cette histoire n’a rien d’une simple légende : plusieurs traces tangibles subsistent encore aujourd’hui. On retrouve notamment les écrits officiels relatant l’entrée d’Irmengarde au couvent de Metz, ainsi que les vestiges de l’ermitage de Guerlach, toujours visibles au sommet de la colline du Saint Michel.